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Article extrait de COURRIER CADRES N° 1613 - 16 janvier 2006 dans lequel vous retrouvez les conseils de Claude Desbordes - Consultant Senior Mastership.
Les débuts sont souvent difficiles pour les promus, qui doivent vite s'adapter, communiquer et gérer les rapports humains. Des formations les y préparent, parfois même avant leur changement de poste. A peine les dernières bulles de champagne évaporées, les difficultés commencent. Vous voici fraîchement promu et, le premier moment de satisfaction passé, vous découvrez l'étendue de vos responsabilités et des efforts à accomplir pour être à la hauteur de votre nouveau rôle. "Le but de la formation destinée aux nouveaux managers est de se construire une nouvelle identité professionnelle." Bénédicte Ménard, consultante en management et responsable pédagogique, insiste en tout premier lieu sur la prise de conscience par l'heureux promu de ses nouvelles responsabilités. Aux dires des responsables de formation, les nouveaux managers s'inquiètent le plus souvent du regard porté par leurs anciens collègues et de "la légitimité de leurs nouvelles fonctions". Une réaction que ne dément pas Thibaut Heuret, responsable clientèle adjoint au sein de la direction parisienne d'EDF/GDF. A 27 ans, cet ingénieur en génie informatique, qui travaillait jusqu'alors à un poste technique, décide de se préparer à l'encadrement. "J'étais déjà responsable d'une petite équipe mais mon rôle était flou. Le dialogue était parfois difficile avec des personnes plus âgées que moi." Quand il apprend la vacance du poste qu'il occupe actuellement, il prend les choses en main. "J'ai fait attention aux délimitations de mes attributions. Je me suis aussi fait présenter par un membre de la hiérarchie et j'ai passé du temps individuellement avec chaque personne de mon équipe."
Combattre l'appréhension Si tous les stages destinés aux primo-managers incluent le perfectionnement aux techniques de communication, la plupart d'entre eux comportent des cours sur les bases du management : définir sa place dans la hiérarchie, connaître les membres de son équipe, trouver son style de management. Ils offrent aux candidats la possibilité d'apprendre et de s'entraîner en situation avant de retourner dans l'arène... Cette philosophie, retenue entre autres par Demos, a servi de fil rouge à Blandine Legrand, responsable du département management de l'organisme, pour élaborer sa session de formation : "Nous proposons aux futurs managers une sorte de laboratoire à l'intérieur duquel ils vont pouvoir désamorcer certains problèmes". Une démarche identique a inspiré le Cnof, autre organisme de formation. Pour Maryan Charruau, journaliste, chef d'agence à Arcachon puis adjoint au directeur départemental des Landes du quotidien régional Sud-Ouest, la possibilité d'expérimenter à l'extérieur de l'entreprise sa prise de fonction est le principal intérêt de la formation. "Je me suis rendu compte que si j'avais la plupart des outils pour devenir manager, ils n'étaient pas forcément rangés au bon endroit. J'ai surtout retenu les conseils sur la façon de se comporter : les choses à dire ou ne pas dire ; montrer que l'on assume ses choix par les mots ou par le ton employé." Une poignée d'organismes a choisi de placer ces aspects comportementaux au coeur de leurs stages. "Le manager doit être un modèle comportemental. Sa principale valeur, c'est la confiance en soi. Dans les "fondamentaux" que nous dispensons, nous insistons peu sur le côté technique. Pour cela il suffit parfois d'ouvrir un livre", assure Claude Desbordes, directeur du consulting ches Iris Consultants & Partners, et responsable du stage "Mastership pour les nouveaux managers". Cette formation propose une session sur la gestion du stress et sur le langage corporel. "Cela donne une ouverture et m'a permis de prendre du recul par rapport à mon mode de fonctionnement personnel", reconnaît Jean-Michel Delbecque, chef de secteur alimentaire à Auchan Tours, qui a trouvé ce stage dans le catalogue des formations mis à disposition par son entreprise. "D'un naturel très direct, je répondais souvent en quelques mots. Désormais, lorsqu'un membre de mon équipe me pose une question, je prends une grande respiration et je formule ma réponse de manière à le laisser participer."
Accompagnement long Les stages de formation courte (3 ou 4 jours) constituent la majorité des offres, et sont souvent suffisants pour négocier ce virage professionnel dans les meilleures conditions. "Avant de proposer une formation à l'un de nos participants, je prends le temps de le recevoir afin d'analyser ses besoins, explique Stephan Galy, responsable des programmes interentreprises à l'Ecole de management. Parfois, lorsqu'un stress est généré, ce n'est pas parce que le cadre ne maîtrise pas les techniques managériales mais juste parce qu'il appréhende mal les domaines comma la finance. Après notre discussion, je l'oriente dans ce sens." Quelquefois, les entreprises, à l'image de Renault, préfèrent orienter les participants vers des cursus plus longs qui donnent la possibilité aux candidats de poursuivre leur formation. Il s'agit alors plus d'un accompagnement, puisque ces cursus s'effectuent généralement en temps partagé. C'est, par exemple, le cas du Programme général de management mis au point par l'EM, qui comprend 53 jours de formation répartis sur 12 à 18 mois. S'appuyant sur la même démarche, l'ESC Rennes a créé un cursus "Métier Manager" : un programme de 16 mois à raison de trois jours par mois, reconnu par la Conférence des grandes écoles (le Badge, bilan d'aptitude délivré par les grandes écoles). "Vous y retrouvez aussi bien des apports conceptuels sur le management que sur le développement personnel", explique Frédérique Buil, chargée du développement de la formation continue au sein de l'école.
Cursus approfondi Cette approche plus en profondeur a séduit Bernard Coconier, aujourd'hui responsable du service clients chez Pelé Granits, une PME bretonne de transformation de la pierre. "Ce fut une démarche totalement personnelle. J'avais besoin de me remettre en cause sur le plan professionnel et je souhaitais mieux maîtriser les données économiques pour rebondir dans l'entreprise". Sur les conseils d'un consultant Apec, ce commercial, fonction qu'il occupait alors, réalise un bilan de compétences. "J'ai compris qu'en suivant une formation approfondie, je pourrai viser un poste à responsabilités. Rapidement, je me suis orienté vers un programme long. Nous sommes épaulés par les formateurs tout au long du parcours. Cette approche permet une meilleure compréhension de la stratégie de l'entreprise puisque nous abordons toutes les thématiques (finance, marketing, ressources humaines...)." Un choix qui s'est révélé payant puisque sa société lui a depuis confié la mission de développer ses activités sur le marché européen.
© Article d'Anne-Laure Allain - COURRIER
CADRES N° 1613 - 16 janvier 2006 |
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