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"Savoir s'exprimer " (Courrier cadres - nov 2003)

Retrouvez dans cet extrait les conseils de
Claude Desbordes, Consultant MASTERSHIP®.



Exercice 1 :

Un recruteur vous lance : "Parlez-moi de vous..." Renvoyez la première balle.

Dans ce match de tennis, autant éviter de prendre une volée gagnante. Deux tactiques possibles : foncer, ou alors relancer votre interlocuteur sur des thèmes susceptiblesde l'intéresser. La suite ? Un savant dosage dans l'utilisation du "nous" (pour l'esprit d'équipe) et du "je" (pour la confiance en soi).

 

Sur ce thème du "parlez-moi de vous", deux écoles s'affrontent.

L'une défend une réponse du tac au tac, sans silence ni respiration ventrale préalables.
"Cette phrase est une invitation à faire parler le candidat. Inutile de demander des précisions au recruteur, c'est suffisamment clair comme ça. Le candidat est là pour se mettre en valeur, il doit foncer", affirme Dominique Deslandes, formatrice dans le nord de la France.

L'autre école préconise de renvoyer la balle dans le camp du recruteur, en déclarant par exemple : "Vous parler de moi ? avec plaisir. Souhaitez-vous que j'abordes des thèmes en particulier ?" Pour Claude Desbordes, Consultant MASTERSHIP, "Le premier qui se lance prend le risque d'émettre son point de vue. S'il n'est pas sur la même longueur d'ondes que son interlocuteur, la communication ne se fera pas. Mieux vaut donc éviter "l'émission précoce" et se placer d'abord dans la peau d'un récepteur." Demander des précisions permet alors de se caler sur le rythme du recruteur. Il fait des phrases courtes, répondez-lui sur le même mode. Il a opté pour un discours synthétique, n'hésitez pas à organiser votre exposé en "point un", "point deux", "point trois"...

 

Mises au point.

Autre précaution d'usage : faire abstraction de son propre référentiel. Le chargé de recrutement ou le directeur des ressources humaines risquant de ne pas maîtriser le jargon de votre métier, commencez donc par désamorcer sa possible incompréhension avec une phrase du genre : "Je vais sans doute être amené à employer des termes techniques, n'hésitez pas à me demander de les expliciter."

Ces précieuses mises au point effectuées, c'est parti pour quelques minutes de monologue. Pour être écouté, mieux vaut trouver le juste équilibre entre le "je" et le "nous". Ne pas sans cesse invoquer son ancienne équipe. "Il faut savoir reconnaître que l'on a mené des missions seul", observe Dominique Legoubey, directrice des ressources humaines de Sodifrance.

Et Claude Desbordes d'ajouter que "le recruteur recherche une personnalité et pas une équipe. La multiplication des "nous" ou, pis, des "on" peut laisser penser que le candidat manque d'estime de soi."

 

Ego hypertrophié.

A l'opposé, un excès de "je" suggère un ego hypertrophié également très peu convoité par les recruteurs.

Au final, pour une présentation réussie, cela pourrait donner : "J'avais la responsabilité d'un budget de 120 000 Euros. J'ai réparti les objectifs entre les membres de l'équipe, chacun devait réaliser 120 %. Mon rôle était alors de..." Attention ! Même si vous avez tout à prouver, inutile de rechercher l'approbation de votre vis-à-vis ou de ponctuer votre discours de "Qu'en pensez-vous ?".

La seule interrogation autorisée, voire chaudement recommandée, doit être lancée en fin d'intervention. Avec une consultation du genre : "J'ai terminé. Souhaitez-vous que je détaille un point particulier ?".

 

© Courrier cadres - N° 1512 - 6 novembre 2003.


 

 



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