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Article
à lire
"Savoir s'exprimer "
(Courrier cadres - nov 2003)
Retrouvez
dans cet extrait les conseils de
Claude Desbordes, Consultant MASTERSHIP®.
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Exercice 2 :
Vous défendez un projet devant le comité
de direction...
Cinq minutes, pas une de plus, pour convaincre.
Ici, plus qu'ailleurs, la meilleure
défense, c'est l'attaque. Faites une intro light : posez le problème
et évoquez les solutions idéales selon vous. Puis reprenez
chaque point en détail en enfonçant le clou sur votre idée
force. N'oubliez pas les pauses entre les phrases pour garder la puissance
vocale.
Pour réussir un grand O devant un "Codir",
il est très mal venu de commencer par s'excuser d'être là.
"Souvent le bla-bla du genre "merci de m'accueillir et l'avoir
extrême obligeance de m'écouter..." permet uniquement
à l'interlocuteur de gérer son stress. Cette attitude le
place en état d'infériorité face à l'auditoire",
prévient Dominique Legoubey, DRH de Sodifrance.
Pour évacuer le stress, elle conseille plutôt de pratiquer
une ou deux respirations ventrales et de faire des pauses entre les
phrases pour éviter de perdre en puissance vocale.
Contrairement aux idées reçues, inutile de livrer un
plan détaillé de la présentation. Selon Claude Desbordes,
Consultant MASTERSHIP, il faut "poser la problématique, la
dramatiser et évoquer les solutions idéales. Puis reprendre
chaque point plus en détail." Laurent Bibard, professeur
en analyse stratégique de l'organisation et en éthique de
l'entreprise, milite pour une non-présentation du plan : "Il
faut faire un effet d'annonce et se justifier au fil de l'exposé
mais certainement pas au début."
Pour convaincre, ne pas hésiter à reformuler différemment
une même idée. Ces répétitions présentent
le double avantage de marteler votre idée force et de valoriser
chacun des membres de l'assistance. "Utiliser un seul champ lexical
risque de laisser de côté de nombreux auditeurs qui, au départ,
étaient de fervents défenseurs du projet".
De même, si l'un des représentants du comité de direction
est à l'initiative de l'une des phases du projet, il faut le nommer
en insistant sur l'importance de sa contribution.
Avant de passer au point suivant, faire valider ses dires par l'auditoire
grâce à des formules du style : "Qu'en pensez-vous ?"
"A cet instant précis, les temps morts sont des temps de
vie. Ils laissent le temps d'assimiler les informations", analyse
Claude Desbordes.
Sachant que la meilleure défense est toujours l'attaque, anticiper
de possibles objections en déclarant : "Alors vous allez sans
doute me dire que..." "Cette précaution prouve que la
personne a pensé à tout et donc qu'elle maîtrise",
explique Marie-Pierre Averous, consultante en communication.
Sourde oreille.
Si toutefois des questions fusent dans la salle,
ne faites pas la sourde oreille. Au contraire, montrez que vous entendez
bien la remarque en lançant : "En effet..." "Je
comprends..." ou "Bien sûr..." et insistez sur la
pertinence de la remarque.
Si la question déflore un thème normalement évoqué
dans la suite de l'exposé, prévenez que vous y répondrez
en priorité dans la prochaine partie. Le moment venu, rappelez
la question de M. Untel avant de lui confier votre réponse. Mais
veillez à ne pas vous attendrir sur cette personne : distillez
la même dose de regards et d'attention à toute l'assemblée.
Juste avant de conclure sur les points positifs de votre projet, faites
ce que Marie-Pierre Averous appelle "une restriction" : "En
pointant une difficulté à venir, cela montre que l'on est
réaliste et donne encore plus de crédit à la démonstration."
© Courrier cadres - N° 1512 - 6 novembre
2003.
 
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