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Les conseillers en
management appellent cela du marketing interne. Kézako ? L'art
de valoriser son image au bureau.
Gonflant, le nouveau chef de produit. Bien sapé,
il a toujours le mot pour rire et met n'importe qui dans sa poche. Il
aurait même tapé dans l'oeil du grand patron qui penserait
sérieusement à lui pour le superprojet en Chine... Eh oui
! Dans l'entreprise, il ne suffit pas d'être compétent et
sympathique. Encore faut-il le faire savoir : "Trop de salariés
vont encore au boulot en se contentant du strict minimum", analyse
Marie Casel-Douëzy, conseil en image. Le jeu consiste à
se faire repérer, mais sans se faire remarquer pour autant. A
briller sans faire trop d'étincelles. Et là, chaque détail
compte, y compris les stylos griffés et l'agenda en cuir fin. Tour
d'horizon de ces petits riens qui font toute la différence.
- Avoir l'air d'un boureau du travail
Un cadre qui veut impressionner
son boss ne doit pas compter ses heures (ou au moins donner l'impression
qu'il ne les compte pas). "C'est contraignant mais payant, explique
Daniel Porot, auteur de Visibilité : comment vous faire remarquer
par un employeur. En clair, rien ne sert de jouer les veilleurs de
nuit si vous ne le faites pas savoir. Un petit truc conseillé par
Daniel Porot : "Un patron est toujours très sensible aux mails
envoyés depuis votre bureau à 22 heures ou minuit."
- Se mettre à la place du boss
"Votre chef vous appréciera
vraiment le jour où il vous considérera comme son alter
ego et non comme un subordonné", explique Daniel Porot.
Pour y parvenir, levez la tête du guidon et cherchez à comprendre
dans quel projet plus vaste s'inscrivent vos missions. Posez des questions,
discutez stratégie pour montrer que vous avez un point de vue global
sur les dossiers : vous serez alors considéré comme plus
qu'un simple exécutant.
- ... Sans être un "yes-man"
Sans odeur et sans saveur,
le "yes-man" (version moderne du béni-oui-oui) pense
se faire apprécier en disant toujours oui à son chef. C'est
la pire des recettes ! L'entreprise a évolué, les patrons
aussi. "Un bon chef aime qu'on sache lui tenir tête, à
condition de savoir présenter les choses : "J'ai une proposition
qui risque de ne pas vous plaire, mais je pense qu'elle est bonne pour
l'entreprise car...", souligne Jean-Michel Müller, directeur
du pôle management à la Cegos. Pas question cependant de
tomber dans l'opposition systématique et non argumentée.
"Ni du oui-oui, ni du non-non", résume Claude Desbordes,
consultant chez Mastership Management. Pour cela, "évitez
tout discours émotionnel et argumentez à partir de faits
précis".
- Ordonner et synthétiser ses
idées
Le chef est toujours débordé.
Pour être écouté, privilégiez les interventions
structurées et courtes, en commençant par des formules
comme : "J'ai cinq points à exposer" ou "Ca n'a
pas fonctionné pour trois raisons."
- S'intéresser à la vie
des collègues
Le bon collègue s'intéresse à
la vie des autres (sans passer pour autant ses journées à
discuter) : un compliment pour un mariage, pour un bon dossier, ou tout
simplement une ou deux questions sur le week-end... "Cela ne doit
pas passer pour de la curiosité malsaine. Mais un récit
de week-end vous donnera souvent beaucoup d'infos sur la manière
de fonctionner de vos collègues", explique Daniel Porot. N'hésitez
pas, vous aussi, à parler un peu de vous : "Entendre parler
un comptable ou un ingénieur de sa recette de mousse au chocolat
l'humanise forcément", note Claude Desbordes, consultant.
- Ne pas juger ses subordonnées
"Dites ce que vous avez à dire
mais sans porter de jugements", conseille Didier Noyé,
directeur à Insep Consulting et auteur de Comment communiquer
de façon efficace ? Mieux vaut dire : "La commande a quinze
jours de retard, cela devient préoccupant" que "Décidément,
on ne peut pas avoir confiance en vous." Accumuler les rancoeurs
ne servira pas votre image, au contraire...
- Lever le coude sans rouler à
terre
"Vous en apprendrez souvent plus en deux
heures autour d'un verre qu'en trente heures de vie au bureau", explique
Daniel Porot. Les "pots" doivent donc figurer dans votre
agenda au même titre qu'une réunion. C'est là
qu'on se montre et que l'on fait des rencontres. "Les pots sont indispensables
à votre marketing interne, à condition de ne pas se contenter
de parler avec les collègues que vous connaissez", indique
Elisabeth Sermet, consultante chez CS Management. Connaissez-vous la tactique
de la boule de billard ? "Approchez-vous de la personne que vous
souhaitez aborder et donnez au collègue qui se trouve à
vos côtés l'information que vous souhaitez communiquer pour
que le premier l'entende sans que vous ayez l'air de lui avoir dit",
conseille Jean-Louis Müller. Et attention à l'alcool. "Il
suffit de trois verres pour que la réputation d'alcoolique vous
colle à la peau. Commencez par une coupe de champagne, puis passez
sans hésiter au perrier."
- Complimenter sans flatter
"On ne sait plus faire un compliment",
constate Marie Casel-Douëzy. Pour faire plaisir, les félicitations
doivent être courtes et spontanées. Par exemple, "Excellent,
votre dossier !" Gare aux flagorneries démagos qui seraient
un jour ou l'autre démasquées et nuiraient beaucoup à
votre image.
© Laurent Acharian
et Marina Rivière, Men's Health - Juin 2004.
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